Communiqué
— Alerte majeure sur l’archéologie en Wallonie !
(Communauté Historia, 18 décembre 2025)
Le budget wallon 2026 marque une rupture profonde dans la politique
régionale de recherche et de protection du patrimoine. En
supprimant les subventions destinées aux universités et
aux établissements d’enseignement supérieur, le
Gouvernement wallon assène un coup d’arrêt brutal
à la recherche archéologique.
Derrière cette décision se dessine une orientation
politique lourde de conséquences : la perte d’un savoir
collectif patiemment construit depuis des décennies et le
démantèlement pur et simple d’une filière
universitaire et professionnelle d’excellence.
Mais cette politique de désengagement aura également un
impact direct sur l’archéologie préventive,
indissociable de la recherche académique. La Ministre a
récemment évoqué l’externalisation des
missions archéologiques actuellement assumées par la
Région wallonne. Cette perspective, présentée
comme pragmatique, conduira en réalité à une
asphyxie programmée : réduction drastique des moyens
humains et financiers, priorité donnée au
« mieux-disant économique » au détriment de
la qualité scientifique, affaiblissement du contrôle, des
sanctions éventuelles ainsi que du pilotage scientifique dans un
contexte administratif déjà sous tension.
Peu à peu, l’archéologie préventive risque
de devenir une simple formalité administrative, vidée de
sa raison d’être. Aucune mesure de compensation, aucune
nouvelle taxe ou mode de financement ne sont pour l'instant
envisagés... que les premières victimes sont
déjà identifiables : nos sites préhistoriques,
gallo-romains et médiévaux.
Face à cette situation, nous condamnons fermement la coupe
budgétaire touchant la recherche universitaire et appelons le
Gouvernement wallon à reconsidérer cette décision
avant qu’elle ne porte un coup fatal à toute une
filière d’excellence.
Concernant l’externalisation annoncée, une
réflexion collective a d’ores et déjà
été engagée à notre initiative pour
définir les balises éthiques et scientifiques
indispensables. Elle aboutira à la création d’une
charte de bonnes pratiques à destination des aménageurs
publics et privés, afin de garantir rigueur, transparence et
respect de l’intérêt général. Cette
charte rappellera également les engagements internationaux de la
Wallonie en matière de préservation du patrimoine. Si le
Code wallon du Patrimoine venait à être manifestement
violé, des actions judiciaires ne seraient pas exclues.
Dès aujourd’hui, nous appelons archéologues,
universitaires, musées, associations et citoyens à une
mobilisation sans précédent. Faites entendre vos voix !
Ce combat ne vise pas une simple économie budgétaire,
mais la défense d’un bien commun menacé. Le risque
est clair : un suicide culturel, social et économique dont les
conséquences seront irréversibles.
... Enfin, une ultime question s’impose pour conclure ce propos :
que reste-t-il encore du sens même du mot
“patrimoine” pour une ministre censée en être
la garante ? Quels desseins inavoués inspire ce
démantèlement méthodique ? À mesure que le
temps passe, l’Agence wallonne du Patrimoine évoque moins
une institution au service de l’intérêt
général qu’un corps décapité,
livré à l’errance et à la confusion.
Pierre-Emmanuel LENFANT,
ASBL Communauté Historia
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Réponse reçue ce jour du Cabinet de la Ministre Lescrenier - PDF |