|
Communiqué de
presse – « Destruction inadmissible de vestiges
archéologiques à
Namur : l’AWaP défaillante, le Code du Patrimoine
une nouvelle
fois bafoué » (Communauté Historia, Les
Amis de la Citadelle de
Namur et réseau Archeologia.be, 10 juillet 2025)
Les Amis de la
Citadelle de Namur, la communauté Historia et le
réseau
Archeologia.be expriment leur indignation et leur profonde
inquiétude
face à la destruction irréversible de vestiges
archéologiques
majeurs sur le site de l’ancien hôpital militaire
de Namur, rue
Rogier. Ce site, fondé par Vauban à la fin du
XVIIe siècle et
agrandi au XVIIIe, offrait une occasion unique de documenter
l’histoire militaire et sociale de la ville, et de contribuer
à la
mémoire européenne.
Une défaillance
institutionnelle et un mépris des lois
Malgré la
protection accordée à la parcelle sur laquelle se
trouve le parking
Rogier et reconnue officiellement par la carte
archéologique, aucune
fouille préventive n’a été
organisée par l’AWaP (Agence
wallonne du Patrimoine). Les travaux actuellement en cours conduisent
à la destruction pure et simple de vestiges, sans
observation
archéologique préalable, alors même que
le potentiel scientifique
du site était avéré et que la parcelle
était restée vierge de
toute construction ultérieure. Plus grave encore, une
découverte
fortuite d’ossements humains a été
déclarée en avril dernier,
sans que cela ne déclenche l’intervention
réglementaire prévue
par le Code du patrimoine wallon. Aucun relevé, aucune
documentation, aucune mesure de sauvegarde n’ont
été assurés, en
violation flagrante de la législation.
Des infractions
graves et répétées au Code du
patrimoine wallon
Nous rappelons
qu’au terme des articles D65 et suivants du Code du
patrimoine,
toute opération susceptible de modifier ou de
détruire des vestiges
archéologiques doit faire l’objet d’une
autorisation préalable
et de mesures de sauvegarde. De plus, toute découverte
fortuite de
biens archéologiques doit être
déclarée et conservée en
l’état
pour inspection par l’Administration (articles D73
à D75).
De notre point de
vue, l’AWaP, censée garantir la protection du
patrimoine, a failli
à ses obligations, contrevenant ainsi à
l’article D102, 16°, qui
sanctionne la destruction de biens archéologiques. Ce
n’est pas un
cas isolé : ces dernières années,
plusieurs sites wallons ont subi
le même sort, révélant une politique de
gestion du patrimoine
archéologique de plus en plus défaillante et un
désengagement
manifeste des autorités régionales.
Une perte
irréparable pour Namur, la Wallonie et l’Europe
Cette négligence
institutionnelle entraîne la disparition
définitive d’un pan
entier de l’histoire namuroise, alors même que la
Ville de Namur
ambitionne de devenir Capitale européenne de la Culture en
2030.
Comment prétendre à ce titre prestigieux lorsque
le patrimoine le
plus fragile est sacrifié, avec la complicité
passive des autorités
communales et régionales ? Cette situation porte gravement
atteinte
à la crédibilité de la
Région wallonne sur la scène
européenne
et internationale.
Pour une
application effective du Code du Patrimoine et le respect de la
mémoire collective
Nous exigeons que
le SPW constate officiellement la destruction des vestiges
archéologiques et rende publics les
éléments ayant conduit à
l’absence de prescription d’une
opération d’archéologie
préventive. Par ailleurs, nous lui demandons que toutes les
mesures
nécessaires soient prises pour faire respecter le Code du
patrimoine
wallon, y compris l’ouverture d’une
enquête indépendante et la
transmission du dossier aux autorités judiciaires
compétentes.
Une plainte
déposée devant le Procureur du Roi
Face à la gravité
de la situation et à la récurrence de ces
manquements, une plainte
sera déposée dans les prochains jours
auprès du Procureur du Roi
de Namur pour destruction de vestiges archéologiques et
non-respect
du Code du patrimoine wallon.
La préservation du
patrimoine archéologique est un devoir collectif et un enjeu
de
mémoire pour les générations futures.
Nous exigeons que toute la
lumière soit faite sur cette destruction et que les
responsables
soient sanctionnés. L’AWaP doit respecter ses
obligations en
matière de prescriptions archéologiques et cesser
de sacrifier de
la sorte notre histoire commune.
Signataires :
Les Amis de la
Citadelle de Namur
Communauté
Historia
réseau
Archeologia.be



|