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Actualité de l'archéologie et du patrimoine culturel

Communiqué - "Enghien : le patrimoine ne peut pas devenir la cible de l’impunité !" (Archeologia.be, 28 août 2026)

Pierre-Emmanuel LENFANT
Communauté Historia
Réseau Archeologia.be

La succession des dégradations commises dans le parc d’Enghien vient de franchir un nouveau seuil alarmant. Après la destruction du vase dit de Bacchus et les dommages causés aux balustrades du Pavillon des Sept Étoiles, les balustrades de la chapelle castrale ont à leur tour été prises pour cible. Mais ce n’est pas tout ! Le même jour, une magnifique sculpture figurant deux enfants chevauchant une créature marine fantastique, typique de l’esprit baroque, installée, elle aussi, au bord du Grand Canal, a également été volontairement agressée et arrachée de son piédestal. Les images publiées par la Ville d’Enghien ne laissent guère de doute sur la violence et le caractère délibéré de l’acte.



Il ne s’agit plus de simples incivilités isolées. Ici, des imbéciles sont venus pour en découdre avec le patrimoine ! Il s’agit d’actes dont l’intentionnalité et la préméditation ne font aucun doute ! Détruire pour le plaisir ou pour la mise en scène ! S’en prendre à des œuvres, à des décors historiques et à des éléments restaurés qui appartiennent à tous constitue une attaque directe contre une mémoire collective et contre les efforts consentis par la collectivité pour la transmettre.

Cette situation est d’autant plus inadmissible que la chapelle castrale vient à peine d’être restaurée. Or, dans un contexte budgétaire contraint, chaque euro consacré à la conservation du patrimoine est précieux. Devoir mobiliser à nouveau des moyens publics pour réparer des destructions volontairement provoquées est un gâchis inacceptable, au détriment d’autres restaurations pourtant nécessaires.

Les récents incendies qui ont durement touché les Fagnes nous rappellent, eux aussi, à quel point notre patrimoine demeure fragile. Qu’il soit naturel ou culturel, il peut être détruit en quelques heures, parfois de manière irréversible. Les paysages, les forêts, les monuments, les œuvres et les sites historiques constituent un héritage commun : leur disparition ou leur altération appauvrit durablement l’ensemble de la collectivité. Cette fragilité impose une vigilance accrue, mais aussi une réaction claire lorsque la destruction résulte d’actes humains volontaires.

La Ville d’Enghien a déposé plainte et l’Agence wallonne du Patrimoine (AWaP) a été informée. Communauté Historia soutient pleinement les démarches entreprises par les autorités locales et appelle à une réponse coordonnée associant la Ville, l’AWaP, les services compétents, la police et la Justice. Nous demandons en particulier à la ministre wallonne du Patrimoine, Valérie Lescrenier, de déposer plainte au nom de la Région wallonne. Une telle démarche n’est peut-être pas juridiquement indispensable, mais elle revêtirait une portée politique et symbolique essentielle. Elle affirmerait sans ambiguïté que les atteintes au patrimoine ne sont ni secondaires, ni tolérables, ni vouées à rester impunies.

Communauté Historia lance par ailleurs un appel à témoins. Toute personne disposant d’informations susceptibles d’aider à identifier le ou les auteurs est invitée à les transmettre aux services de police ou aux autorités judiciaires. Une récompense sera offerte pour tout renseignement fiable et déterminant permettant l’identification des responsables. Il ne s’agit évidemment ni d’encourager la confrontation ni de se substituer à la justice, mais de contribuer utilement au travail des enquêteurs afin que les auteurs de ces faits répondent de leurs actes.

Au-delà de l’enquête en cours, il est indispensable de renforcer la prévention : surveillance accrue des sites les plus exposés, amélioration de l’éclairage (installation prévue à l’automne) et de la sécurisation lorsque cela est pertinent, coordination renforcée entre les autorités et sensibilisation du public. Le patrimoine ne peut pas être protégé uniquement une fois qu’il a été brisé, renversé ou incendié : il doit l’être avant que les dommages ne deviennent irréversibles. Ici comme ailleurs, il s’agit d’une responsabilité collective.















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