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Tournai - Retour sur le projet de parking du CHWapi et petit rappel des obligations en matière d’archéologie préventive (Communauté Historia, 17 avril 2026)





Retour sur le projet de parking du CHWapi et petit rappel des obligations en matière d’archéologie préventive...

À la suite de nos alertes, l’AWaP a finalement détaché un archéologue et permis la réalisation d’un sondage sous sa conduite. Ce travail de terrain rappelle ce que l’archéologie doit toujours être : une discipline fondée sur des hypothèses, des vérifications et des faits, et non sur des prises de position ou des suppositions.

Dans le cas présent, les sondages ont permis de mettre au jour des éléments significatifs : des vestiges de la deuxième muraille de la citadelle ainsi qu’un escalier donnant accès à une galerie aujourd’hui effondrée. Ces découvertes confirment l’existence d’une galerie d’accès menant à la galerie d’escarpe.

Concernant cette dernière, aucune trace directe n’a pu être observée lors des investigations. Néanmoins, son implantation présumée reste bien connue, car elle peut être déduite du plan général de la citadelle. Il est dès lors possible d’en proposer un tracé théorique cohérent, sans pour autant en attester matériellement la présence à cet endroit précis.

Par ailleurs, l’absence de mise au jour de l’escarpe elle-même suggère qu’elle se situe probablement à une profondeur plus importante que celle atteinte par les sondages, ou à proximité immédiate de la limite de propriété, rendant toute intervention plus invasive difficile sans compromettre les parcelles voisines.

Cette conclusion est essentielle : elle indique que l’emprise du projet n’entraînera pas d’impact significatif sur les structures archéologiques identifiées. Les vestiges pourront être conservés en place sous la future dalle, sans nécessiter de fouilles complémentaires. Cette démarche correspond pleinement à la logique du diagnostic archéologique, qui vise à identifier, caractériser et évaluer les vestiges afin d’adapter les projets d’aménagement en conséquence.

Il convient de rappeler avec clarté que l’archéologie préventive a pour objectif d’éviter une perte irréversible d’informations et de connaissances. Engager des travaux sans cette étape préalable revient à exposer inutilement le patrimoine à une destruction non documentée, alors même que l’archéologie a pour vocation d’accompagner les projets, d’enregistrer les données nécessaires et de préserver les éléments qui peuvent l’être.
Nous devons également souligner qu’il est regrettable de devoir rappeler à la Région wallonne des obligations qui relèvent pourtant du cadre réglementaire et des bonnes pratiques administratives. Le diagnostic archéologique n’est ni une contrainte superflue ni un frein idéologique : il s’agit d’un outil rationnel, fondé sur des méthodes éprouvées et orienté vers l’intérêt collectif.

À ceux qui pourraient s’interroger sur la pertinence d’une telle mobilisation pour un résultat jugé limité, il importe de rappeler que l’archéologie a cette particularité d’impliquer parfois la destruction de son propre objet d’étude, mais toujours dans un cadre maîtrisé, documenté et justifié. C’est précisément ce qui la distingue d’une destruction aveugle : en contexte préventif, elle permet d’éviter qu’une disparition matérielle ne s’accompagne d’une perte définitive de connaissance.

Autrement dit, lorsque des vestiges peuvent être identifiés, localisés, compris et conservés en place, l’archéologie a pleinement rempli sa mission.
Nous remercions l’ensemble des intervenants pour leur collaboration et constatons avec satisfaction que les travaux pourront désormais se poursuivre dans des conditions plus sereines, les risques de découvertes fortuites étant à présent mieux encadrés.

En archéologie, une hypothèse solide, une vérification rigoureuse et des faits établis valent toujours mieux qu’un procès d’intention.

Pierre-Emmanuel LENFANT
Vice-président de Communauté Historia




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