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"Les inventaires archéologiques en Europe"


Article de Perrine Ournac et mis en ligne le 1er septembre 2006



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Il semble qu’aujourd’hui, les problématiques liées aux inventaires archéologiques soient simultanément abordées dans le milieu de l’archéologie européenne. Une thèse est actuellement en cours, à l’université de Toulouse – Le Mirail et sous la direction de Jean-Marie Pailler, sur le thème : il s’agit d’une comparaison des systèmes d’inventaires archéologiques, avec une limitation géographique plutôt sudiste et méditerranéenne (Espagne-France-Italie-Tunisie), alimenté en plus de l’exemple britannique. Les objectifs fixés étant les suivants : identifier, pour chaque pays, le mode de constitution et de mise en valeur d’une base de données archéologique. Ainsi, les recherches amènent à observer :

- les acteurs de l’inventaire ;

- les législations concernant son existence et sa mise à jour ;

- l’utilisation d’un système informatique permettant la gestion de bases de données, et  le degré de compatibilité des structures (unicité ou éclatement de ces dernières) ;

- l’accessibilité des informations par le public et l’identification précise de ce dernier ;

- et enfin, les avantages et les inconvénients rencontrés par ses utilisateurs, car l’étude se veut être une approche critique du problème de l’enregistrement des données archéologiques dans la zone géographique proposée.

Afin de confronter les méthodes d’enregistrement des données archéologiques, des exemples illustrent chaque inventaire étudié : des micro-régions significatives seront définies et comparées.

 

Les premiers résultats d’une comparaison franco-britannique des systèmes d’inventaire ont montré que chaque expérience est imparfaite, faute de temps, de moyens, mais aussi de collaboration. Les principes à la fois législatifs et éthiques étant similaires, c’est dans la pratique que chaque structure agit de façon un peu isolée parfois, ce qui entraîne ici des dysfonctionnements qui n’existent pas là-bas et inversement. Un simple exemple peut illustrer ce propos : en terme d’accessibilité, certaines régions anglaises sont dotées d’une base consultable par tous via Internet ; en Ecosse, c’est l’inventaire national qui peut l’être, donc une accessibilité encore plus poussée, alors qu’en France, l’administration en charge de l’archéologie peine à proposer un accès en ligne pour ce qui est de l’archéologie (mais le propose pour les monuments historiques par ailleurs). Il semble que la gestion soit en France privilégiée par rapport à la recherche, et que la situation est plus équilibrée outre-Manche. L’approfondissement en cours concerne les pays du sud que sont l’Espagne, l’Italie et la Tunisie. Des résultats devraient apparaître très bientôt.

Alors qu’en terre méditerranéenne des liens commencent à peine à se tisser, il n’en est pas de même partout : le projet Planarch instigué en Wallonie et dans les provinces voisines est un signe fort de l’intérêt porté à la question (cf. l’Echo du patrimoine de la région wallonne n° 65, janvier-février-mars 2005). La puissance publique européenne a financé à deux reprises cet ambitieux projet qui consiste à étudier, harmoniser et développer l’inventaire archéologique de plusieurs régions voisines : Kent, Essex, Pays-Bas, Flandre, Wallonie, Rhénanie et Nord-Pas-de-Calais. Cet travail permet de mettre en phase les attentes et les besoins des archéologues et l’inventaire, tout en travailant à la conservation des vestiges recensés. Le triple objectif de ce programme en est son point fort : gérer le patrimoine archéologique, sensibiliser et informer les citoyens, qu’ils soient décideurs ou non, et proposer une recommandation au niveau européen en la matière. Le couple gestion/mise en valeur prend ici tout son sens.

 

L’intention des responsables du projet étant de se tourner vers d’autres pays que ceux cités précédemment, l’évocation du thème de recherche de la thèse abordé au tout début de ce petit mot paraît opportun, puisqu’il est dans une même logique et justement ciblé sur des pays du sud européen pour la plupart. En espérant que les collaborations entre archéologues se multiplient, mettons donc dès que possible nos connaissances en commun pour avancer ensemble.

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