Page d'accueil Actualité Agenda Emploi Formations Stages Sites amis  Contactez l'auteur
A la une d'Archeologia.be!
Archeologia.be - L'Abécédaire de l'Archéologie
Archeologia.be - L'Abécédaire de l'Archéologie

"Sondage archéologique sous-marin à Porquerolles"

Article proposé par Lénaïc Riaudel & Nicolas Ponzone, membres de l'Association de Recherche et d’Etude du Patrimoine Méditerranéen et mis en ligne le 7 octobre 2010

Site officiel de l'Association : http://www.arevpam.org



Cet été, une équipe de plongeurs et d'archéologues se sont installées à l'île de Porquerolles. Le but de l'opération était d'entreprendre l'étude archéologique d'une épave gisant entre 10 et 18 mètres de profondeur et jusque là jamais expertisée. C'est donc en collaboration avec le DRASSM (Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines) que le sondage archéologique sous-marin a été entrepris.

Une archéologue et scaphandrier, de l'AREVPAM a mené cette mission à partir d'un zodiac sur lequel une équipe essentiellement féminine et les membres de l'AREVPAM se sont relayés durant une quinzaine de jours, cumulant plus de 450 heures de plongées.

Le site se situe près du Langoustier, sur la côte ouest de Porquerolles; à quelques brasses de la côte où les vestiges de l'épave reposent. Les circonstances du naufrage restent incertaines, seule certitude, le choc a dû être violent, le bateau est venu percuter la côte pour enfin se disloquer et disparaître sous les sédiments.

Depuis le bateau « Fleur de Sel », l'installation du chantier commence. Une moto-pompe rentre en  action permettant aux plongeurs d'aspirer les sédiments recouvrant l'épave. Petit à petit, le bois est mis au jour, tout d'abord une planche de bois, puis des clous en bronze, enfin des renforts en cuivre. Nous sommes probablement au centre de l'épave, au niveau de la quille. A quelques mètres, plus vers la côte, un amas de chaîne et du bois vont également être dégagés; ils se situent à l'avant du bateau.

Au fil des jours, l'épave se révèle. Les vestiges mis au jour permettent d'identifier un navire d'environ 10 mètres de large et de plus de 30 mètres de long. Deux écubiers de part et d'autre de l'épave ont été retrouvés, conduits cylindriques pratiqués dans la coque du bateau servant à faire passer la chaine d'ancre imposante, elle aussi retrouvée, colonisée par la faune et la flore sous-marine. Des câbles concrétionnés jonchent le fond de même que différentes pièces métalliques issues des gréements et de l'accastillage.

La découverte de deux petits bouchons en verre d'à peine 3cm nous livrent un secret de l'épave : l'un deux fermait un flacon d'une compagnie anglaise et est daté entre 1851 et 1931. Des ossements, probablement animal, ont aussi été découverts. Notre hypothèse retenue pour l'instant est que l'épave est datée entre le milieu du XIXè et le début du XXè siècle.

En attendant la rédaction du rapport scientifique, des  recherches supplémentaires sont menées auprès des archives portant sur l'histoire méditerranéenne, un long travail fastidieux commence. Le dépouillement de plusieurs décennies d'archives dans l'espoir de trouver le nom du navire venu s'échouer sur la côte ouest de Porquerolles commence. L'identité du navire demeure à ce jour encore une énigme, cependant des fragments d'indices de plus en plus précis sur les circonstances du naufrage affluent.


Crédits photos :
www.arevpam.org

arevpam

arevpam


Archeologia.be