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Archeologia.be - L'Abécédaire de l'Archéologie
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France - "Rue du Donjon : du XIIIe siècle à nos jours, l’histoire de Rouen racontée par l’archéologie" (INRAP, 6 octobre 2015)

Une équipe de l’Inrap mène actuellement une fouille préventive rue du Donjon, à Rouen, préalablement au projet d’aménagement d’un hôtel 4*, par la SARL 2ID. Prescrite par l’État (Drac Haute-Normandie), cette opération se terminera début décembre. Les parcelles en cours de fouille se situent à l’emplacement du fossé nord du château de Rouen, à la marge d’un édifice de spectacle antique et sur le trajet de deux sources qui alimentaient les fontaines rouennaises au Moyen Âge et à l’Époque moderne. Les archéologues s’intéressent à la contrescarpe du château et au dépotoir du XVIe siècle, pour enrichir les connaissances sur l’évolution de la ville, du XIIIe siècle à nos jours.


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Le château de Rouen (XIIe-XVIe siècle) et son système défensif

Au Moyen Âge, Philippe Auguste fait construire à Rouen un château fort, après le rattachement de la Normandie au royaume de France en 1204. Demeure royale, forteresse militaire, centre administratif et politique, le château de Rouen joue notamment un rôle important pendant la guerre de Cent Ans (Jeanne d’Arc y fut emprisonnée et jugée) et les guerres de religion. La contrescarpe (mur délimitant le côté opposé au château), est construite en pierres de taille calcaire. Sa fouille a révélé aux archéologues un léger « fruit » (sa base est en avant par rapport au sommet). Au nord-est de la forteresse, son donjon est entouré d’un large fossé (18 m de large) à l’intérieur duquel se trouve un vaste terre-plein dont le rôle reste à déterminer. Peut-être un espace avancé dans le système défensif du château, antérieur aux fossés situés à l’emplacement des boulevards actuels.

Un dépotoir « sauvage » du XVIe siècle et son important mobilier

Au début du XVIe siècle, le château perd son rôle administratif et judiciaire et entame un déclin accéléré par sa vulnérabilité face à l’évolution de l’artillerie. Le roi Henri IV ordonne son démantèlement. N’en subsiste que son donjon, la « tour Jeanne d’Arc ». À cette époque, un dépotoir de plus de 2 m de haut envahit le secteur et comble peu à peu le fossé. Des décrets royaux et municipaux enjoignaient bien la population rouennaise à évacuer ses déchets hors de la ville mais ce heurt (hourd en ancien français) ne semble pas faire partie des décharges autorisées. Sa fouille révèle un important mobilier archéologique. Céramiques, vaisselle et restes d’animaux seront étudiés par les spécialistes en laboratoire et livreront des informations sur les pratiques alimentaires de l’époque.

Rare trouvaille archéologique, un humérus de singe a été mis au jour. Cet animal, considéré comme familier dès le Moyen Âge, se retrouve dans les cours princières, la riche bourgeoisie et chez les montreurs d’animaux.



Fouille d’un mur de terrasse du XIXe, installé dans les anciens fossés au pied de la Tour Jeanne d’Arc.

© Bénédicte Guillot, Inrap.



Archéologues fouillant le comblement d’un fossé.
© Bénédicte Guillot, Inrap.



Vue du parement de la contrescarpe (ou mur de soutènement).
© Bénédicte Guillot, Inrap.



Céramique décorée de jambes munies de bottes.
© Serge Le Maho, Inrap.



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